Métaux de transition : présentation

Les éléments de transition

Sc, Ti, V, Cr, Mn, Fe, Co, Ni, Cu, Zn            Z = 21 à 30

Y, Zr, Nb, Mo, Tc, Ru, Rh, Pd, Ag, Cd         Z = 39 à 48

La, Hf, Ta, W, Re, Os, Ir, Pt, Au, Hg         Z = 57, 72 à 80

 

Des « éléments » atout fer !

 

Les éléments de transition représentent une large fraction de la classification périodique. Ils constituent essentiellement le bloc d. Leurs métaux et alliages possèdent des propriétés mécaniques, électriques, magnétiques remarquables utilisés dans la vie de tous les jours (fer, cuivre, zinc …). Ils ont une chimie extrêmement riche, de multiples degrés d’oxydation, de nombreux types de liaison, des complexes moléculaires de structures très variables. Ils sont très utilisés pour leur réactivité en catalyse et comme centres actifs en chimie biologique (métalloprotéines). Le fer est, parmi eux, le plus abondant et le plus utilisé. D’où notre mauvais titre, des éléments à tout faire … ou presque. Nous donnons ici une brève vue générale des éléments et de leurs composés. Se reporter aux dossiers par éléments, parus (titane, manganèse, fer, cobalt, nickel cuivre, zinc…) ou à paraître pour plus de données.

 

Place dans la classification périodique

Le bloc d est situé entre les groupes 2 et 13 de la classification périodique et comporte trois lignes de 10 éléments (éléments 3d, 4d, 5d) dont la première se situe à la quatrième ligne de la classification. Même si on ne doit pas confondre bloc d et éléments de transition, les éléments de transition font tous partie du bloc d. Si l’on définit les éléments de transition comme les éléments pour lesquels il existe une sous-couche d incomplète, dans l’un de leurs degrés d’oxydation (voir ci-dessous), ceci exclut la colonne 12 (zinc, cadmium, mercure) dont les éléments ont une configuration nd10 dans leur degré d’oxydation usuel le plus élevé (2+). Enfin, dans le tableau périodique publié par l’IUPAC, le lanthane est ajouté à la famille des lanthanides, qui sont parfois qualifiés d’éléments de transition internes. Si les choses sont aujourd’hui (presque) claires, la versatilité de la chimie des éléments de transition a donné bien du fil à retordre à Mendeleiev pour placer ces éléments dans la classification !

http://old.iupac.org/reports/periodic_table/IUPAC_Periodic_Table-21Jan11.pdf

 

Première ligne (3d)

Élément

Symbole/

Numéro atomique

Configuration électronique

Degrés d’oxydation

Principaux

Abondance (croute terrestre / ppm *)

Scandium

Sc 21

[Ar] 3d14s2

+3

25, 31ème

Titane

Ti 22

[Ar] 3d24s2

+2 +3, +4

6320, 9ème

Vanadium

V 23

[Ar] 3d34s2

de +2 à +5

136, 19ème

Chrome

Cr 24

[Ar] 3d54s1

de +2 à +6

122, 21ème

Manganèse

Mn 25

[Ar] 3d54s2

de +2 à +7

900, 12ème

Fer

Fe 26

[Ar] 3d64s2

de +2 à +6

50000, 4ème

Cobalt

Co 27

[Ar] 3d75d14s2

de +2 à +5

29, 30ème

Nickel

Ni 28

[Ar] 3d84s2

de +2 à +4

99, 22ème

Cuivre

Cu 29

[Ar] 3d104s1

de +1 à +3

68, 25ème

Zinc

Zn 30

[Ar] 3d104s2

+2

76, 24ème

 

Deuxième ligne (4d)

Yttrium

Y 39

[Kr] 4d15s2

+3

31, 29ème

Zirconium

Zr 40

[Kr] 4d25s2

+2 +3, +4

162, 18ème

Niobium

Nb 41

[Kr] 4d45s1

de +2 à +5

20, 32ème

Molybdène

Mo 42

[Kr] 4d55s1

de +2 à +6

1,2, 55ème

Technecium

Tc 43

[Kr] 4d55s2

de +2 à +7

-

Ruthénium

Ru 44

[Kr] 4d75s1

de +2 à +8

10-4

Rhodium

Rh 45

[Kr] 4d85s1

de +2 à +6

10-4

Palladium

Pd 46

[Kr] 4d10

0, +2, +4

1,5. 10-2

Argent

Ag 47

[Kr] 4d105s1

de +1 à +3

8. 10-2

Cadmium

Cd 48

[Kr] 4d105s2

+2

16. 10-2

 

Troisième ligne (5d)

Lanthane

La 57

[Xe] 5d16s2

+3

35, 28ème

Hafnium

Hf 72

[Xe] 5d26s2

+2 +3, +4

2,8, 44ème

Tantale

Ta 73

[Xe] 5d36s2

de +2 à +5

1,7, 52ème

Tungstene

W 74

[Xe] 5d46s2

de +2 à +6

1,2, 55ème

Rhenium

Re 75

[Xe] 5d56s2

de +2 à +7

10-3

Osmium

Os 76

[Xe] 5d66s2

de +2 à +8

5. 10-3

Iridium

Ir 77

[Xe] 5d76s2

de +2 à +6

10-3

Platine

Pt 78

[Xe] 5d96s1

0, +2, de +4 à +6

10-2

Or

Au 79

[Xe] 5d106s1

+1, +3, +5

4.10-3

Mercure

Hg 80

[Xe] 5d106s2

+1, +2

8. 10-2

 

* Les chiffres – les estimations – varient d’une source à une autre. Ces données, en partie réactualisées proviennent de W.S. Fyfe, Geochemistry, Oxford University Press, 1974

 

Structure électronique, configuration de l'état fondamental

On peut définir les éléments de transition comme des éléments à couche d incomplète – dans l’un de leurs états d’oxydation -. Il y a 5 orbitales d donc 10 éléments par ligne (3d, 4d, 5d).

La configuration électronique de l’état fondamental est indiquée dans les trois tableaux ci-dessus pour chaque élément de transition. Les configurations électroniques sont le plus souvent 3dn4s2, 4dn4s2 et 5dn4s2. Mais les configurations stabilisées par interaction d’échange (l’état fondamental est l’état de spin maximal) interviennent pour le chrome 3d54s1, le cuivre 3d104s1, l’or 5d106s1. Ce que l’on traduit souvent par : un niveau d’énergie à moitié rempli ou totalement rempli a une très grande stabilité. Mais il existe des cas plus nombreux « d’exceptions » en 5s1 dans la deuxième ligne.

D’une façon générale, les orbitales d sont accessibles et participent à l’établissement de « liaisons de coordination ». L’énergie du champ des ligands est extrêmement importante pour la réactivité et les propriétés des éléments de transition. Les bons nombres quantiques pour décrire l’état fondamental des éléments de transition sont L et S mais le couplage spin-orbite augmente avec Z.

 

Abondance dans la nature

Elle est très variable. Les tables donnent les valeurs pour l’ensemble des éléments. Le fer est le plus abondant (4ème élément dans la croute terrestre) - et le plus utilisé -. Le titane et le manganèse sont également abondants. Le technétium radioactif est inexistant, les éléments deviennent de moins en moins accessibles quand le numéro atomique augmente. C’est une question qui devient importante pour les applications possibles (disponibilité et coût) ! Une partie du travail des chimistes consiste aujourd’hui à (i) trouver des substituts abondants aux éléments les moins répandus et pourtant très utiles (platine, ruthénium, …) ; (ii) concevoir des procédés simples de recyclage ; (iii) mettre en forme les matériaux pour permettre un recyclage plus facile. Chimie durable ….

 

Principaux minerais

De très nombreux minerais contiennent des éléments de transition. Les éléments y sont souvent présents à l’état de mélange. Leur séparation est cependant plus facile que celles des lanthanides car leur chimie est plus variée.

Voir les dossiers des principaux éléments de transition pour une description détaillée.

 

Propriétés chimiques

Tous ces éléments sont des métaux. Ils sont presque tous durs, à haute température de fusion et d’ébullition – avec un maximum vers le milieu de la ligne -. Ils conduisent bien la chaleur et l’électricité. Certains sont des aimants (fer, cobalt, nickel). Ils forment de nombreux alliages entre eux et avec d’autres métaux, notamment avec les lanthanides. La plupart sont attaqués par les acides mais il existe aussi des métaux « nobles » non attaqués (Cu, Ag, Au).

Leur chimie est déterminée par la sous-couche d.

Les énergies d’ionisation sont relativement faibles et donc les degrés d’oxydation sont nombreux. Ils peuvent monter jusqu’à 8 dans la deuxième et la troisième ligne ( Ru, Os). Voir le tableau

Les électrons d sont très sensibles à l’environnement chimique. Les niveaux d’énergie, dégénérés dans l’ion libre, vont être séparés dans un environnement cristallin (chimie du solide) ou moléculaire (complexes). L’environnement des voisins est appelé sphère de coordination. La levée de dégénérescence est déterminée par la symétrie du site (octaédrique, tétraédrique, …). Son importance augmente de la première ligne à la troisième. De nombreuses géométries sont possibles car la sphère de coordination est souvent très plastique. La description de ces phénomènes peut se faire de manière purement ionique (modèle du champ cristallin) ou moléculaire (théorie du champ des ligands).

Le premier modèle est plus simple et rend bien compte des phénomènes de symétrie. La théorie des groupes trouve là une application remarquable (groupes ponctuels de symétrie Oh, Td, D4h, ; label de symétrie des orbitales moléculaires dans ce contexte (O: t2g,et eg ;T: e et t2;etc ..). Le second repose sur la théorie des orbitales moléculaires, qui utilise pleinement la théorie de la symétrie, combinée avec la représentation en termes de moments angulaires (l, s, j pour un électron, L, S, J pour le complexe). Il représente mieux la structure électronique (termes de l’ion libre, obtention des états avec l’introduction du couplage entre le spin et orbite) et de l’extrême versatilité de la liaison de coordination, liaison métal-ligand. Cette liaison peut être décrite simplement d’abord comme un phénomène acido-basique, donneur-accepteur (métal acide de Lewis, ligand donneur). Les interactions peuvent être de symétrie s ou p (en simplifiant), la grande variété des orbitales moléculaires des ligands (électronégativité des donneurs, symétrie des orbitales), la variété des approces métal-ligand, donnent lieu à des modes de liaison très subtils, particulièrement utiles en catalyse, hétérogène ou homogène : ligands s donneurs et/ou p accepteurs ou donneurs.

On distingue généralement la chimie de coordination, qui comporte les éléments aux degrés d’oxydation positifs et la chimie organométallique qui comporte les éléments aux degrés d’oxydation nul ou négatifs. Leur sous-couche d incomplète et le principe de Hund (l’état le plus stable est celui de plus haute multiplicité de spin) permet l’existence de composés magnétiques extrêmement divers, avec un spin maximum S=5/2 pour le manganèse (II) ou le fer(III). Pour les éléments de la première ligne, pour les configurations dn (4

 

En solution aqueuse, les ions des éléments de transition donnent lieu à une chimie très colorée. Les équilibres acidobasiques, d’oxydo-réduction, de précipitation, les potentiels d’électrode sont au cœur de la chimie analytique. Les substitutions de ligands, les échanges d’électrons sont au cœur de la cinétique et de la catalyse.

 

Quelques classes de composés

Métaux et alliages.

Complexes de coordination, très nombreux, degrés d’oxydation positifs, avec des ligands azotés, oxygénés, halogénures …

            Mononucléaires et polynucléaires

            De coordination variable (nombre de ligands, et géométrie)

            Polycations et polyanions (polyoxométallates à degrés d’oxydation élévés)

Complexes organométalliques, très nombreux avec des degrés d’oxydation faibles (0), ligands avec des ligands carbonés (CO, alcènes, alcynes) ou des phosphines permettant des liaisons p de type donneur-accepteur.

            Mononucléaires et polynucléaires

            Métaux carbonyles

            Métallocènes

            Clusters métalliques

Complexes d’intérêt biologique, métalloprotéines

 

Tous ces composés font l‘objet d’intenses recherches et de nombreuses applications. De nombreux outils théoriques ont été forgés soit pour les décrire (structure, structure électronique, nombre d’électrons) soit pour analyser en détail leurs propriétés chimiques (réactivité, catalyse), physiques et spectrochimiques (spectroscopie électronique, RPE, magnétisme).
Voir les dossiers par éléments pour des exemples précis.

 

 

Quelques propriétés physicochimiques, évolution dans les trois lignes

Première ligne (3d)

 

Elément

Nombre d’isotopes naturels

Rayon atomique

/ionique/pm 1

Température de fusion

/ °C

Température d’ébullition

/ °C

Masse volumique

/ kg.m-3

Résistivité électrique

/µΩ.cm 2

Scandium

1

162 / 74,5

1539

2748

3000

50-60

Titane

5

147/60,5(IV)

1667

4200

4500

42

Vanadium

2

134/54(V)

1915

3350

6110

25

Chrome

4

128/44(VI)

1900

2690

7140

13

Manganèse

1

127/46(VII)

1244

2060

7430

185

Fer 2

4

126/61bs/78hs(II)

1535

2750

7874

9.71

Cobalt 4

1

125/65bs/74hs

1495

3100

8900

6.24

Nickel

5

124/69(II)

1455

2920

8908

6.84

Cuivre

2

128/73(II)

1083

2570

8950

1.673

Zinc 5 

5

134/74(II)

419.5

907

7140

5.8

1 Nous donnons l’un des rayons ioniques d’un seul degré d’oxydation (précisé entre parenthèses), le plus souvent en coordinence 6 ; 2 à 20°C, valeurs approchées ; 3 rayons ioniques du fer (II), bs, bas spin et hs, haut spin ; 4 rayons ioniques du cobalt(II), bs, bas spin et hs, haut spin. 5Voir définition bloc d ;

Deuxième ligne (4d)

 

Elément

Nombre d’isotopes naturels

Rayon atomique & ionique/pm 1

Température de fusion

/°C

Température d’ébullition

/°C

Masse volumique

/ kg.m-3

Résistivité électrique

/µΩ.cm 2

Yttrium

1

180 / 90

1530

3264

4500

57-70

Zirconium

5

147/72(IV)

1857

4200

6510

40

Niobium

1

146/64(V)

2468

4758

8570

12.5

Molybdène

7

139/59(VI)

1900

2690

10280

5

Technétium

radioactif

136/56(VII)

2200

4567

11500

-

Ruthénium3

7

134/36(VIII)

2282

4050

12370

6.7

Rhodium

1

134/55(V)

1960

3760

12390

4.33

Palladium

6

137/86(II)

1552

2940

11990

9.93

Argent

2

144/115(I)

1083

2155

10490

1.59

Cadmium3

8

151/95(II)

320.8

765

8650

7.5

1 Nous donnons l’un des rayons ioniques d’un seul degré d’oxydation (précisé entre parenthèses), le plus souvent en coordinence 6 ; 2 à 20°C, valeurs approchées ; 3Voir définition bloc d ; l’isotope 113Cd est l’émetteur b de plus longue durée de vie (9.3.1015) soit deux millions de fois l’âge de l’univers.

 

Troisème ligne (5d)

 

Elément

Nombre d’isotopes naturels

Rayon atomique & ionique/pm

Température de fusion

/°C

Température d’ébullition

/°C

Masse volumique

/ kg.m-3

Résistivité électrique

/ µΩ.cm 1

Lanthane

2

187/ 103,2

920

3420

6170

57-80

Hafnium

6

159/71(IV)

2222

4450

13280

35

Tantale

2

146/54(V)

2980

5534

16650

12

Tungstene

5

139/60(VI)

3422

(5500)

19300

5

Rhenium

2

137/53(VII)

3180

(5650)

21000

19

Osmium 2

7

135/39(VIII)

3045

5025

22590

8

Iridium

2

135/57(V)

2443

4550

22560

4.71

Platine 3

6 3

138.5/80(II)

1769

4170

21450

9.85

Or

1

144/85(III)

1064

2808

19320

2.35

Mercure 4

7

151/102(II)

-38,9

357

15354(1)

95.8

1 à 20°C, valeurs approchées ; 2 rayon ionique, coordination 4 et grandes incertitudes sur les températures ; 3l’isotope Pt a un spin nucléaire ½, très utilisé en RMN multinoyaux ; 4 Voir définition bloc d ;

 

A l’état de métal, les éléments de transition sont des solides gris sauf le mercure qui est liquide, le cuivre qui est de couleur rouge et l’or jaune.

Rayon atomique et ionique

Les rayons atomiques sont proches pour tous les éléments de transition. Ils augmentent d’une ligne à l’autre et ils diminuent faiblement le long d’une ligne (augmentation du Zeffectif). Les rayons ioniques varient beaucoup avec la coordination (plus courts quand le nombre de voisins diminue), le degré d’oxydation (plus courts quand le degré d’oxydation augmente), avec l’état de spin (plus longs dans les composés haut spin que dans les composés bas spin ; en effet pour une même configuration dn, (4g* augmente -haut spin-.

Conductivité électrique

Les métaux de transition une bonne conductivité électrique et thermique (voir tableau).

Magnétisme

Les métaux de transition comportent des métaux ferromagnétiques (Fe, Co, Ni) et des alliages magnétiques très utilisés.

Les ions éléments de transition possèdent des propriétés magnétiques tout à fait remarquables qui tiennent à leur structure électronique. Le terme de l’état fondamental de l’ion libre peut être trouvéée grâce aux trois règles de Hund. Les termes sont déterminés par les répulsions interélectroniques. Le terme fondamental est 2S+1L (plus grand S et plus grand L des termes possibles, règles de Hund N°1 et 2). En introduisant le couplage spin-orbite, l’état 2S+1LJ le plus stable est celui de J minimum pour une couche dn avec n ≤ 5 et celui de J maximum pour une couche dn avec n > 5 (règle de Hund N°3). On peut décrire les propriétés magnétiques par le moment magnétique me = g[J(J+1)]1/2 (exprimé en magnéton de Bohr) avec g = 1 + []J(J+1)+S(S+1—L(L+1)/[2J(L+1)]. Cependant, pour de nombreux complexes, le moment orbital L est bloqué (par la levée de dégénérescence des orbitales d (xy et x2-y2). Le moment magnétique s’exprime alors en fonction du seul spin S, me = g[S(S+1)]1/2 .

Le couplage spin-orbite augmente avec Z et la descrotion en terme de L et S (couplage Russell-Saunders devient moins valide au profit du couplage j-j.

Pour les complexes haut spin {[M(H2O)6]2/3+, (M= Cr, Mn, Fe, Co)}, bas spin {[M(CN)6]3/4-, [Fe(o-phenantroline)3]2+} ou à transition de spin {[Fe(o-phenantroline)2 (NCS)2]0 }, voir ci-dessus).

Les complexes polynucléaires présentent des propriétés magnétiques originales qui sont partie intégrante d’une discipline en développement, le magnétisme moléculaire.

Pour le magnétisme des alliages avec les lanthanides, voir le dossier lanthanides.

Couleur

La couleur est une autre des propriétés remarquables des ions des éléments de transition. Lorsqu’un complexe de transition est éclairé, il peut être excité : transitions électroniques entre orbitales d séparées en énergie par le champ des ligands (interdites dans les complexes centrosymétriques donc couleurs peu intenses), entre ligands et métal ou entre métal et ligand (souvent autorisées, couleurs intenses). Le champ des ligands a une forte influence sur les niveaux d’énergie des orbitales d donc sur les couleurs. Un changement de symétrie supprimant un centre d’inversion augmente l’intensité de l’absorption. Exemple : [Co(II)(H2O)6]2+, octaédriaue, Oh, transitions d-d interdites : rose pâle et [Co(II)Cl4]2-, tétraédrique, Td, , transitions d-d autorisées bleu-violet profond. C’est une application des éléments de transition (pigments).

 

Importance industrielle et économique

On trouve les éléments de transition vraiment partout, de l’industrie mécanique comme éléments structuraux (fer, aciers, fonte) aux industries électriques et électrotechniques (conductivité magnétsme), de l’industrie des pigments (fer – bleu de Prusse-, titane, zinc …) à la catalyse homogène et hétérogène.

 

Pour en savoir plus :

  • Consulter le site de la SCF les Données sur les principaux produits chimiques, métaux et matériaux, Auteurs : J-L Vignes, G. André, F. Kapala

http://www.societechimiquedefrance.fr/extras/Donnees/acc.htm

 

Toxicité - importance biologique

Certains des éléments de transition sont essentiels à la vie :

-      transfert d’électrons – protéines fer-soufre, protéines bleues à cuivre, cytochomes -Fe ;

-      transport de substrats, transfert de groupes : dioxyde de carbone (anhydrase carbonique-Zn-), de dioxygène (hémoglobine, hémérytrine-Fe-), oxotransferases au molybdène, superoxyde dismutase –Cu, Fe, Mn-, co-enzyme B12 – Co-.

Un certain nombre d’éléments du bloc d sont dangereux : cadmium, mercure. Mais le lus soiuvent les éléments peuvent être à la fois indispensables (le fer) et toxiques quand ils sont en excès : le fer en excès contribue à créer des radicaux à base d’oxygène qui font des dégâts irréversibles dans les tissus (stress oxydant). Les complexes de platine(II) peuvent être très toxiques mais sont utilisés dans des traitements anticancéreux pour s’attaquer davantage aux tissus cancéreux qu’aux autres.

Voir les dossiers par éléments (manganèse, fer, cobalt, cuivre, zinc …).

 

Histoire, Date de la mise en évidence, origine du nom

 

Élément

Date

Isolé par

Origine du nom

Scandium

1879

L.F. Nilson

Du latin Scandia, Scandinavie

Titane

1797

M.H. Klaproth, Voir dossier titane

Evoque le Titan de la mythologie grecque

Vanadium

1801

A.M. del Rio (1831 Selfstöm)

De Vanadis, déesse scnadinave

Chrome

1797

N.L. Vauquelin

Du grec khrôma, couleur

Manganèse

1774

J.G. Gahn (Voir dossier manganèse)

Du grec Magnes, aimant

Fer

Natif

Voir dossier fer

Du latin ferrum, fer

Cobalt

1737

G. Brandt

De l‘allemand Kobold, lutin

Nickel

1751

A.F. Cronstedt (Voir dossier nickel)

Du suédois nickel, mauvais génie des mines

Cuivre

Natif

Voir dossier cuivre

Du latin Cyprium, Chypre

Zinc

1746

A.S. Margraf (Voir dossier zinc)

De l’allemand zinke, dent

 

 

 

 

Yttrium

1794

J. Gadolin

De Ytterby, ville suédoise

Zirconium

1789

M.H. Klaproth

D’après Zircon, (minéral)

Niobium

1801

C. Hatchett (ex Columbium renommé Niobium)

Du grec Niobé, fille de Tantale demi-dieu grec

Molybdène

1778

C.W. Scheele (et P.J. Hjelm, 1781)

Du grec molubdaina, plomb

Technétium

1937

C. Perrier, E. G. Segré

Du grec technetos, artificiel

Ruthénium

1844

K. Klaus

Du latin Ruthenia, Russie

Rhodium

1803

W.H. Wollaston

Du grec hodon, rose

Palladium

1803

W.H. Wollaston

D’après Pallas Athéna déesse grecque

Argent

Natif

Antiquité

Du latin argentum, blanc étincelant

Cadmium

1817

F. Stromeyer, C.H. Hermann

Du grec kadmeia, calamine

 

 

 

 

Lanthane

1839

C.G. Mosander

Du grec lanthanein, caché

Hafnium

1923

D. Coster

Du latin Hafnia, nom de Copenhagen

Tantale

1802

A. Ekeberg

De Tantale, roi de Lybie (mythologie)

Tungstene

1783

J.J. et F. de Elhuyar

Du suédois tungsten pierre lourde

Rhenium

1925

W. Noddack, I. Tackle

Du latin Rhenus, Rhin

Osmium

1803

S. Tennant

Du grec osmé (odeur)

Iridium

1803

S. Tennant

Du latin Iridus, arc en ciel

Platine

Natif

Antiquité andine

De l’espagnol platina (plata, argent)

Or

Natif

Antiquité

Du grec aurum, briller

Mercure

Natif

Antiquité chinoise (200 avant JC)

De Mercurius, dieu romain messager

 

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Bibliographie :

Quelques manuels (en anglais)

F.A. Cotton,G. Wilkinson, C.A. Murillo, M. Bochmann, Advanced Inorganic Chemistry, 6th edition, John Wiley & Sons, New York, USA, 1999.

Une des « bibles » de la chimie inorganique, avec un traitement des éléments de transition par nature de composés et par colonne. Très utile.

N.N. Greenwood, A. Earnshaw, Chemistry of the Elements, 2nd edition, Butterworth-Heinemann, Oxford, UK, 2001.

Le chapitre 19 est consacré aux composés de coordination et organométalliques. Il est suivi d’un chapitre par groupes. or qui permet une approche comparative des trois éléments du groupe. Aussi utile que le précédent.

C.E. Housecroft, A.G. Sharpe, Inorganic Chemistry, 2nd édition, Pearson, Prentice Hall, 2005

Bien documenté et illustré. Plusieurs chapitres sur les éléments de transition.

D.F. Shriver, P.W. Atkins, and C.H. Langford, Inorganic Chemistry, 3rd edition, Oxford University Press, Oxford, UK, 1999.

Un livre davantage explicatif sur les concepts que descriptif sur les faits par d’excellents pédagogues. Précieux.

D.M.P. Mingos, Essential trends in inorganic chemistry, Oxford University Press, 1998.
Le (gros) chapitre 5 est consacré à la comparaison des propriétés des éléments de (et aussi des lanthanides et des actinides). Très documenté, astucieusement présenté.

J.E. Huheey, E.A. Keiter, and R.L. Keiter Inorganic Chemistry : Principles of Structure and Reactivity, 4th edition, Harper Collins, New York, USA, 1993.

avec une traduction en français (André Pousse et Jean Fischer) chez de Boeck, Bruxelles, 1996. Aujourd’hui indisponible.

 

Chimie bioinorganique

Stephen J. Lippard, Jeremy M. Berg, Principes de biochimie minérale, De Boeck-Wesmael, 1997, en français.

J.J.R. Fraústo da Silva and R.J.P. Williams,The biological chemistry of the elements: The inorganic chemistry of life, 2nd Edition, Oxford University Press, 2001, une somme remarquable.

Ivano Bertini, Harry B. Gray, Edward I. Stiefel, Joan Selverstone Valentine, Biological Inorganic Chemistry, University Science Books, 2007,

 

A.J. Bard, R. Parsons, and J. Jordan, Standard Potentials in Aqueous Solutions, IUPAC (Marcel Dekker), New York, USA, 1985.

Tous les potentiels standard. Une référence.