Courrier envoyé au Ministre
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Aménagements des programmes de physique-chimie
en terminale générale
Paris, le 7 juillet 2026
L
a lettre ci-dessous a été adressée le 7 juillet 2026 par Philippe Goutverg, président de
l’UdPPC, au ministre de l’Éducation nationale. L’UdPPC alerte sur la densité excessive
du programme de physique-chimie de terminale générale, qui ne permet ni une assimilation
sereine des notions ni une préparation satisfaisante aux épreuves du baccalauréat. L’association
souligne les difficultés rencontrées par les enseignants et les élèves, ainsi que les inégalités que cette
situation accentue. Elle demande que le travail engagé par l’Inspection générale sur un réaménagement du programme puisse être mené à son terme afin de proposer un programme plus réaliste,
tout en conservant son ambition scientifique.
Monsieur le Ministre,
Accompagnant l’importante réforme du lycée de 2019, de nouveaux programmes
de physique-chimie ont été élaborés et sont en vigueur actuellement. Si ces programmes sont intéressants, bien construits, en cohérence avec les attendus de l’enseignement supérieur, ils sont néanmoins trop denses. Votre volonté de relever le niveau
d’exigence du baccalauréat est légitime, et nous partageons cette ambition. Cependant,
pour atteindre cet objectif, il est indispensable que les enseignants disposent du temps
nécessaire pour permettre aux élèves de s’approprier durablement les connaissances et
les compétences attendues.
Les enquêtes successives que notre association a menées auprès des professeurs
font ressortir un sentiment de zapping permanent et une avance à marche forcée, qui
occasionnent une grande souffrance aussi bien pour les élèves que pour les enseignants,
qui font ce qu’ils peuvent pour mener de front :
? l’appropriation des notions ;
? l’automatisation des procédures de résolution d’exercices ;
? l’approfondissement de la démarche expérimentale (pour les Évaluations des capacités expérimentales) ;
? l’élaboration et la préparation des problématiques pour le Grand Oral ;
tout ceci dans un temps extrêmement contraint.
Chaque année, nos collègues des autres enseignements de spécialité terminent le
programme plusieurs semaines à l’avance et ont le temps d’organiser des révisions et des
Vol. 120 - Juillet / Août / Septembre 2026
Nos positions
Union des professeurs de physique et de chimie
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Union des professeurs de physique et de chimie
entrainements à l’oral, pendant que nous terminons difficilement les derniers chapitres,
dans la précipitation et la souffrance.
Cette année encore, suite aux épreuves écrites, une pétition a été lancée pour
demander aux correcteurs une bienveillance renforcée. En effet, les sujets sont intéressants, exigeants, cohérents avec le programme et avec les attendus de l’enseignement
supérieur. Pourtant, afin d’éviter de faibles notes dues au manque de maîtrise des
candidats, les barèmes sont adaptés : les questions difficiles, pour lesquels les élèves
vont passer du temps, sont peu valorisées. Mais cela n’efface pas l’énorme sentiment
d’échec ressenti par de nombreux élèves à l’issue de l’épreuve et le découragement de
leurs professeurs.
Pourtant, plébiscitée par les formations supérieures scientifiques, la spécialité
physique-chimie est choisie par un grand nombre d’élèves, avec une répartition fillesgarçons relativement équilibrée. Or la densité actuelle avantage les élèves qui bénéficient de cours particuliers, source importante d’inégalités. D’autre part, nous savons
que les filles, pourtant souvent plus sérieuses et travailleuses, se découragent plus vite
et perdent confiance : cela pourrait fragiliser la parité observée aujourd’hui. Pour tous,
un programme allégé, mieux maîtrisé, préparerait bien mieux aux études supérieures
scientifiques qu’un programme survolé.
Conscient des difficultés évoquées, un groupe de travail, piloté par le groupe
physique-chimie de l’IGÉSR (Inspection générale de l’éducation, du sport et de la
recherche), a commencé à réfléchir à une réorganisation du programme du cycle terminal. Ce travail n’a pu être terminé en l’absence de saisine du CSP (Conseil supérieur
des programmes). Nous comprenons difficilement que des aménagements ont pu être
effectués dans certaines spécialités, comme l’Histoire-géographie-géopolitique-sciences
politiques ou les Sciences économiques et sociales, alors que notre demande d’aménagement du programme de Physique-chimie a toujours été refusée.
Restant à votre disposition pour vous expliquer plus en détail nos revendications,
nous vous demandons de bien vouloir permettre à l’Inspection générale de conduire à
son terme le travail engagé. Un programme plus réaliste, sans renoncer à son ambition
scientifique, offrirait aux enseignants les moyens de former plus efficacement les élèves
et contribuerait à l’objectif d’excellence que nous partageons.
Dans l’attente de votre compréhension, je vous prie de croire, monsieur le
Ministre, en l’expression de notre haute considération.
Le Bup n° 1086